Les chiffres de notre enquête sur les tendances événementielles le confirment : 54 % des organisateurs d’événements utilisaient déjà l’IA en 2025, et 67 % souhaitent en augmenter l’usage en 2026.
L’intelligence artificielle s’installe donc durablement dans les pratiques du secteur. Pourtant, derrière cette progression se cache une réalité plus nuancée.
« Aujourd’hui, l’IA est surtout utilisée comme un outil de productivité : génération de contenus, transcription, optimisation de tâches répétitives. Or, on est encore assez loin d’une logique de transformation. »
C’est ce que nous partageait Frédéric Patry lors de notre dernier webinar (accéder au replay) à ce sujet.
L’IA fait gagner du temps, oui. Néanmoins, son impact pourrait être démultiplié si les équipes organisatrices disposaient de nouvelles compétences plus poussées.
La question n’est donc plus de savoir si l’IA doit être utilisée en événementiel. Mais comment passer d’un usage opérationnel à un changement en profondeur des méthodes de travail. On vous dit tout dans cet article !
L’IA au service de la productivité de l’organisateur
Aujourd’hui, l’IA dans l’événementiel est principalement mobilisée pour des bénéfices opérationnels immédiats des organisateurs. Notre enquête menée auprès de 102 professionnels de terrain le confirme à travers ces 3 usages dominants :
Les 3 usages principaux de l’IA selon notre enquête sur les tendances événementielles 2026
Concrètement, l’IA permet par exemple de :
- Générer une première version de programme à partir d’un brief,
- Rédiger automatiquement descriptions de sessions et biographies,
- Décliner un message en email, post LinkedIn et texte web,
- Résumer en temps réel une conférence.
Ces usages apportent des bénéfices immédiats. Ils permettent aux équipes de :
- Accélérer la production de l’événement,
- Structurer plus efficacement leurs contenus,
- Se concentrer sur les tâches à forte valeur.
Toutefois, cela reste une couche d’optimisation. Nous sommes encore dans une logique d’assistance ponctuelle, et non dans une intégration complète de l’IA au cœur des processus métier.
Des usages identifiés… mais un impact encore limité
Même si les usages sont bien identifiés, leur potentiel reste largement sous-exploité. En effet, plusieurs raisons expliquent ce décalage entre adoption et transformation.
1) Une utilisation des outils encore fragmentée
Dans la majorité des cas, l’intelligence artificielle est utilisée :
- À un moment précis du projet,
- Par une personne isolée,
- Sans intégration dans les workflows globaux.
Différents outils sont utilisés pour générer un programme, résumer une conférence. Finalement, on teste un assistant ponctuellement sans qu’il n’y ait de vision systémique.
Or, la valeur maximale de l’IA ne se situe pas dans l’outil isolé, mais dans son intégration au cœur des processus événementiels.
2) Un manque de structuration des missions IA
Un des principaux freins tient moins à la technologie qu’à la façon dont elle est abordée.
Dans de nombreux cas, les cas d’usage ne sont pas réellement définis en amont. Les règles métier restent implicites, portées par les équipes mais peu formalisées.
Les données, elles, sont disponibles mais hétérogènes ou insuffisamment structurées pour être exploitées efficacement.
Résultat : l’IA générative dans l’événementiel reste superficielle.
Pour maximiser ces cas d’usage, il faudrait :
- Identifier les tâches réellement répétables,
- Décomposer les processus en étapes claires,
- Définir les critères de décision,
- Intégrer durablement l’IA dans les outils métier.
En d’autres termes : passer d’un usage ponctuel à une logique d’architecture.
3) Des freins liés à la donnée et à la conformité
Comme le soulignait Frédéric Patry lors de notre webinar :
« Le principal frein, ce n’est pas la technologie. C’est la sécurisation des données. »
Les organisateurs s’interrogent sur 4 sujets structurants : la gestion des données personnelles, le RGPD, le futur AI Act et la traçabilité des usages. Cette vigilance est légitime. Elle explique en partie pourquoi les déploiements restent mesurés et progressifs.
Le véritable changement : l’organisateur devient Agent Builder
Dans ce contexte, la véritable bascule se produit lorsque :
- L’IA est intégrée complétement dès la phase de conception de l’événement,
- Les équipes identifient les missions comme automatisables dès leur cadrage,
- Elles exploitent les données de manière transverse (avant, pendant, après),
- Les équipes développent une compétence méthodologique et non simplement technique.
Il ne s’agit plus seulement d’utiliser l’IA, mais de la structurer. Et c’est précisément ici que se dessine la prochaine étape de maturité du secteur.
Comme le formulait très clairement Frédéric Patry lors de notre webinar :
« Demain, l’organisateur ne sera plus simplement un utilisateur d’outils IA. Il va devenir un agent builder. »
La compétence clé à acquérir pour les organisateurs ne consiste plus simplement à « savoir utiliser l’IA », mais à concevoir, structurer et piloter des agents intelligents capables de prendre en charge des missions complètes et répétables.
Ce changement de posture est fondamental. Un Agent Builder n’est ni technicien ni développeur. C’est un professionnel capable de :
- Reconnaître une mission récurrente et chronophage,
- Décomposer cette mission en étapes logiques,
- Définir les règles métier et les critères de décision,
- Configurer un agent IA adapté,
- L’intégrer durablement dans ses workflows.
L’IA cesse alors d’être un outil périphérique. Elle devient un assistant structuré, intégré et piloté.
Quelles missions peuvent être confiées à des agents IA événementiels ?
De nombreuses tâches événementielles répondent parfaitement à cette logique. Voici quelques exemples :
11 exemples d’agents événementiels
Ces missions ont un point commun : elles sont répétables, structurées et fortement consommatrices de temps.
C’est précisément ce type d’activités qui justifie une logique d’agent. Non pour remplacer l’expertise des équipes, mais pour leur permettre de se concentrer là où leur valeur est réellement différenciante.



